Il y a parfois des lieux qui ne nous quittent jamais vraiment.
Le Laos fait partie de ceux-là pour moi.
Il y a 23 ans, je posais les pieds ici pour la première fois pour ma deuxième exprience professionnelle de ma carrière d'ingénieur. C'était alors une destination laissée au fruit des hasards de l'UNivers, sans autre plan que celui de découvrir le monde et m'ouvrir l'esprit : vivre, d’observer et de ressentir. Ce pays m’a profondément marqué. Par sa douceur. Par sa simplicité. Par son rythme. Par le rapport au temps, à la nature, au sacré.
Je suis reparti… mais une part de moi est toujours restée ici.
Un lien intact avec le Laos
Au fil des années, malgré les détours de la vie, les reconversions, les tempêtes personnelles et professionnelles, mon amour pour ce pays n’a jamais disparu. Il revenait régulièrement dans mes pensées, comme un appel discret mais persistant.
Quand le yoga est devenu un pilier de ma vie, puis un chemin de transmission, l’idée a commencé à germer :
Et si un jour, j’y retournais autrement ?Et si je partageais ce pays à travers le prisme du yoga, du corps, du souffle, de l’expérience vécue ?
L’email qui a tout déclenché
Cet été, presque naturellement, j’ai écrit un email cet été...
Un message simple, sincère, sans promesse marketing ni mise en scène.
Je proposais un stage de yoga au Laos.
Un voyage lent.
Un voyage intérieur autant qu’extérieur.
Un temps pour pratiquer, respirer, marcher, observer, s’imprégner.
Sans savoir si l’idée allait résonner.
Sans savoir si quelqu’un me suivrait dans cette aventure.
La confiance de 7 K Yoginis
Puis il y a eu les échanges.
Les questions.
Les réunions.
Les hésitations parfois.
Et surtout… la confiance.
7 K Yoginis ont décidé de dire oui.
Oui à ce voyage.
Oui à l’inconnu.
Oui à cette proposition un peu hors cadre.
Elles m’ont accordé quelque chose de précieux : leur confiance.
Le début de l’épopée
Aujourd’hui mardi 27 janvier, le stage commence.
Nous nous sommes retrouvés, accueillis, réunis.
L’aventure démarre pour 16 jours, ici, au Laos.
Ce blog sera le journal vivant de cette épopée.
👉 J’y partagerai, au fil des jours :
des photos
des instants de pratique
des lieux
des ambiances
parfois quelques mots
parfois simplement des images
Sans filtre inutile.
Sans mise en scène excessive.
Juste le réel, le vécu, le présent.
Jour 1 – Bor Pen Nyang
Tout commence avec une heure de retard à l’arrivée à l’aéroport.
Ici, rien de grave. Bor pen nyang.
Tout s’ajuste toujours.
À peine arrivées, à peine posées… déjà attablées. Premier repas ensemble, pour commencer tranquillement. Des plats locaux, savoureux, pas trop épicés, juste ce qu’il faut pour apprivoiser les papilles.
Rapidement repues… et soudain millionnaires.
En quelques billets, chacune se retrouve avec des liasses de kips entre les mains. L’équivalent d’une quarantaine d’euros, et pourtant cette sensation amusante d’abondance immédiate. Le Laos change les repères dès les premières heures.
Check-in, petite douche, et presque sans transition, nous voilà au cœur spirituel du pays.
Le That Luang.
Monument sacré du Laos.
Doré, immense, lumineux.
Et ce jour-là, en pleine célébration.
Une plongée directe dans l’univers bouddhiste, ses rites, ses offrandes, son atmosphère profondément paisible et vibrante à la fois.
À peine cinq heures après l’atterrissage… et déjà sur les tapis de yoga.
Sur un rooftop.
Face au ciel.
Pour savourer un premier coucher de soleil laotien.
Le corps encore un peu en décalage.
L’esprit déjà présent. La relaxation aide à passer le cap.
La journée se poursuit par un dîner de fête, plus généreux, plus relevé. Cette fois, le Laos nous accueille pleinement, avec toutes ses saveurs, un peu plus épicées, comme pour dire : « vous y êtes ».
Puis vient la marche digestive.
Lente. Simple.
À la rencontre du peuple du bor pen nyang, qui sait prendre le temps de vivre paisiblement, même au cœur d’une capitale asiatique.
Pari tenu.
Maintenir tout le monde éveillé pour cette première journée afin d’offrir au corps une vraie nuit de sommeil et éviter les affres du décalage horaire.
Mission accomplie.
Le voyage peut réellement commencer.
📣 Un problème d’affichage empêche actuellement la bonne visualisation des photos.
Dans l’attente de la résolution, vous pouvez les retrouver via ce lien..
Jour 2 – De Vientiane à Luang Prabang
Dès le lever, un premier cours de yoga pour bien se mettre en jambe, au bord de la piscine. Le corps se réveille, le souffle s’installe, la journée peut commencer.
Petit déjeuner, un brin de toilette à l’hôtel, puis nous prenons rapidement la route vers la gare.
Prendre le train est anodin en France.
Ici, c’est presque une attraction.
Le Laos n’a sa première ligne de chemin de fer que depuis cinq ans. Le voyage devient déjà une expérience en soi.
Direction Luang Prabang, joyau du pays et patrimoine mondial de l’UNESCO.
À l’arrivée, il est déjà l’heure du déjeuner. Nous nous attablons dans une belle cantine laotienne, simple et authentique, où les saveurs locales s’expriment pleinement.
Nous commençons ensuite à flâner dans cette ville somptueuse, hors du temps. Première visite majeure : le temple emblématique de Luang Prabang, Vat Xieng Thong. Un lieu chargé d’histoire, de symboles, de finesse et de spiritualité.
Le temps file.
Nous poursuivons vers le musée de l’héritage Huan Chan, pour découvrir les bases de la maison laotienne traditionnelle. Une immersion précieuse dans la vie quotidienne et l’architecture du peuple lao, qui raconte bien plus qu’il n’y paraît.
Sur le chemin du retour vers le van, de manière totalement impromptue, nous vivons une première célébration avec un moine. Un moment simple, inattendu, profondément marquant.
Puis direction le lodge, en pleine nature. L’occasion de découvrir la forêt dense qui recouvre une grande partie du Laos, vivante, enveloppante, presque silencieuse.
À peine arrivées, certaines filent au sauna, pendant que d’autres prennent le temps d’atterrir. Nous partageons ensuite un dîner savoureux, simple et chaleureux.
La journée se termine par une méditation, pour intégrer, déposer, laisser infuser.
Le Laos continue doucement de faire son œuvre.
Jour 3 – Jungle, eau turquoise et Mékong
Après un cours de yoga au cœur de la jungle laotienne, tout juste réveillées, encore enveloppées de fraîcheur, nous laissons le corps s’ouvrir lentement pendant que le soleil pointe le bout de son nez.
Il s’élève doucement, réchauffe la peau, éclaire la canopée.
La journée démarre dans une énergie paisible, vivante, presque hors du temps.
Nous prenons ensuite la route vers les célèbres chutes de Tat Kuang Si.
Selon la légende, ces sources auraient été révélées par un cerf sacré, venu boire à un endroit précis de la forêt. En frappant le sol de ses sabots, l’eau aurait jailli, donnant naissance à ces cascades aux couleurs irréelles.
Qu’on y croie ou non… en arrivant sur place, on comprend pourquoi l’histoire est restée.
Balade silencieuse, découverte de la protection des ours locaux, émerveillement devant les bassins d’eau turquoise, d’un bleu presque surnaturel.
Puis un café au sommet, avec une vue époustouflante sur la jungle.
Bon… après 582 marches quand même — mais certaines élévations se méritent.
Pour se baigner, il fallait activer un bon chakra 3, celui de la décision et du passage à l’action.
Bor pen nyang, oui… mais encore faut-il arrêter de se demander si on y va ou si on n’y va pas.
Le prof a donc montré l’exemple.
Les élèves ont encore beaucoup à apprendre 😉
Déjeuner près des chutes, bercées par le bruit de l’eau, puis direction un village hmong.
Des enfants viennent quémander. Une réalité qui interroge, qui bouscule parfois, mais qui permet aussi de mieux comprendre la vie très dénuée de cette ethnie, à l’histoire complexe, profondément marquée par les conflits du XXe siècle.
Les Hmong ont été enrôlés et instrumentalisés durant la guerre d’Indochine et la guerre froide, notamment au Laos, avant d’être largement abandonnés. Une histoire lourde, dont les traces sont encore visibles aujourd’hui dans la précarité de certaines communautés.
Puis vient une expérience rare, inaccessible aux circuits touristiques classiques — j’ose le mot : une exclusivité K Yoga 😉
Une croisière sur le Mékong.
Un cours de yoga sur le bateau.
Le fleuve glisse lentement.
Le soleil descend.
La lumière change.
Le temps se suspend.
Enfin, mes 7 K Yoginis m’ont aidé à brûler un peu de karma de célibataire avec une séance shopping au night market.
Longue marche, arrêts plus ou moins décidés, hésitations joyeuses… jusqu’à ouvrir l’appétit et composer un dîner sur mesure pour chacune, au food market de Luang Prabang.
Retour enfin pour un repos bien mérité, le corps fatigué, l’esprit rempli.